« Je me suis occupée de chevaux dans la Hunter Valley en Australie », Laura, backpackeuse

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Nous avons rencontré Laura qui rentre d’un an de WHV en Australie. Elle a réalisé le rêve de beaucoup de backpackers : travailler avec des chevaux  ! Elle a bien voulu répondre à nos questions et nous parler de sa formidable expérience.

(Vous aussi vous avez vécu une expérience unique, drôle, insolite en WHV et vous voulez la partager ? Contactez nous sur info@whv.fr)

Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Laura, 29 ans aventurière dans l’âme et passionnée de chevaux depuis deux décennies. Je suis quelqu’un qui a toujours eu la bougeotte et qui a tendance à s’ennuyer très rapidement. Il me faut donc des sensations fortes, de la découverte et des challenges. Pour faire suite à cette logique, le voyage c’est ma passion depuis très jeune et ce n’est pas prêt de changer ! Déjà 5 continents à mon actif il me manque juste l’Antarctique.

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Quand es-tu partie en Australie et pourquoi ?

J’ai décidé de partir pour l’Australie après avoir négocié une rupture conventionnelle. Mon poste en tant que chargée de communication et marketing était devenu beaucoup trop étriqué et démotivant. J’avais besoin d’un grand bol d’air. C’était en avril 2014. Ayant vécu en Argentine, j’hésitais à repartir là-bas. Mais j’ai vite réalisé que la situation économique et politique était un peu compliquée. J’ai donc pensé à ma carrière tout d’abord en faisant un tour d’horizon des pays dans lesquels je pourrais faire fonctionner mon réseau et l’Australie est arrivée en tête de liste.

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Un yearling dans son pré – Arrowfield Stud

Tu as travaillé dans des centres d’entrainement pour chevaux. Peux-tu nous en dire plus ? Comment as-tu obtenu ce travail ? Où était-ce ?

Cette année en Australie s’est décomposée en trois phases professionnellement parlant. Mon souhait initial était de voir un maximum comment l’industrie s’organisait dans cette grande nation des courses de galop. J’ai donc débuté par l’entrainement, puis l’élevage et enfin je me suis consacrée au « bloodstock », l’aspect commercial.

En France, je travaillais au pôle international de France Galop. Mon rôle à l’époque était de  trouver des investisseurs étrangers pour supporter l’industrie des courses française : achats de chevaux, mise à l’entrainement sur le sol français, aide personnalisée lors des grands évènements, ventes aux enchères… J’ai donc eu l’occasion de rencontrer des Australiens et grâce à eux j’ai pu arriver et dégoter un travail en 5 jours. J’ai commencé chez Gai Waterhouse Racing au marketing. C’est une femme entraineur qui est basée à l’hippodrome de Randwick à Sydney. Elle reste une légende pour beaucoup et je me suis sentie très honorée d’avoir l’opportunité de travailler à ses cotés.

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Une course à Randwick

Quelles étaient les conditions de travail (horaires, missions, salaire, durée du travail) ?

C’est là que les choses se gâtent ! Je me levais à 3h du matin pour être à l’entrainement à 4h00. Je prenais des notes pour les chronos de chaque cheval, prenais des photos et filmais les jockeys, les cavaliers d’entrainement et Gai (l’entraineur) lorsqu’elle donnait des instructions. C’est un ballet orchestré au centimètre près. Ceci jusqu’à 8h00, 8h30. Je retournais dormir une heure et revenais au bureau vers 10h. Ensuite, je passais toute la journée au bureau pour éditer les vidéos et les photos, proposer un plan de communication, un plan marketing, organiser la refonte du site web, créer des supports de communication pour aider à la vente de parts pour les chevaux de courses « en magasin » à l’écurie, appeler les propriétaires… Il fallait être multi-tâches. Je terminais le plus souvent aux alentours de 17h30 – 18h. Tout ça, 6 jours sur 7 voire 7 jours sur 7… J’ai osé dire que 7/7j c’était un peu trop – j’étais clairement éreintée – et au bout d’un mois et demi à cette cadence infernale j’ai été reléguée à un poste de cavalière. Je montais 10 chevaux de course le matin à peu près de 3 heures à 8 heures. La magie de l’emploi à l’Australienne ! Un jour tout va bien et le jour suivant on te change de poste sans aucune explication. En Australie c’est un point que l’on observe assez régulièrement il ne faut pas se plaindre sinon on est relégué au second plan. D’où l’art de trouver la bonne balance… J’ai tenu trois mois !

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Mes anciens collègues dans les écuries du haras

Quel est ton meilleur souvenir de cette expérience ? Et ton pire souvenir ?

Mon meilleur souvenir a été de voir et de pouvoir monter des cracks qui s’illustrent sur les pistes australiennes tous les mois. Faire partie d’une équipe qui a un tel succès est vraiment une expérience extraordinaire. En termes de marketing et de relations publiques c’est exemplaire. Au delà de ça je ne vais pas vous mentir c’est une usine. Avec plus de 200 chevaux à l’entrainement, dans le lot il n’y a pas que des chevaux en bonne santé ni même des chevaux qui auront du succès sur les pistes. Si ça ne marche pas on remplace. Comme des kleenex.

Pour le mauvais souvenir, j’ai eu un gros accident à cheval qui m’a mis sur la touche pendant 6 semaines. C’est de loin le pire souvenir de cette année.

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Chevaux dans les stalles de préparation avant une course – hippodrome de Randwick

Mettais-tu tes temps libres à profit pour faire d’autres activités en rapport avec les chevaux ?

Lors de cette première expérience à Sydney pas du tout car ma vie était devenue un enfer. Une fois guérie de mon accident je suis partie travailler pour Arrowfield Stud, un haras de pur-sang dans la Hunter Valley (NSW). Là, les paysages et le lieu même étaient dignes du rêve australien : collines, chevaux dans des paddocks (des prés, ndlr) verdoyants sur des milliers d’hectares. J’ai pu découvrir un mode de vie agricole diamétralement opposé à la vie citadine : mon premier choc culturel. Par la suite, à partir de janvier, j’ai suivi des courtiers lors des ventes aux enchères de pur-sang entre Sydney, la Gold Coast, la Nouvelle-Zélande… Tous ces déplacements m’ont permis de profiter un peu plus de l’Australie, de surfer sur la Gold Coast et à Byron Bay. J’ai aussi fait du wwoofing avec une apicultrice et une designer en permaculture. Activités extra-géniales avec des locaux pur jus. Je recommande à 300% ce système. Enfin les deux derniers mois de mon visa ont été consacrés à mon road-trip et là j’en ai pris plein les yeux. Depuis Sydney, passant par Camberra puis Melbourne, Adelaïde, Alice Springs et enfin Sydney de nouveau puis Cairns et Cape Tribulation. Wow. Je tiens à remercier « Big Girl » la bien nommée, mon 4×4 qui m’a emmenée au bout de mes rêves.

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Dans les Grampians National Park (Victoria)

Qu’est ce que cette expérience t’a apporté d’un point de vue personnel et professionnel ?

Cette expérience à été une grande réussite sur de nombreux points. Tout d’abord une grande leçon pour l’ego où en Australie tu dois recommencer de zéro même si tu arrives avec un bon CV, des contacts, ton expérience pro et une grande détermination. Tu es en concurrence avec bon nombre de jeunes qui ont tous les mêmes rêves ! Il faut accepter de faire des jobs que jamais tu n’aurais pensé faire en France et en cela déjà, c’est un apprentissage. Tu découvres que ta vie européenne est loin, que l’amitié peut se créer en un clin d’œil avec des gens de multiples nationalités. Tu apprends aussi à faire confiance, à t’adapter à cette culture et à adopter l’Aussie lifestyle en règle générale plus relax et ultra-positif en toute circonstance. Tu apprends à te dépasser car dans ce genre d’expatriation d’un an, tu as autant de pépin que de magnifiques moments. Enfin tu apprécies des instants de vie simples, face à des levers de soleil sur des plages paradisiaques alors que tu t’éveilles après une nuit passé dans ton 4×4. La vie est simple : l’Australie t’enseigne à apprécier le moment présent et tout est sur-mesure pour les voyageurs. Que demander de plus ?

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Technique pour ramener jument et son foal

Où en es-tu aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je suis en voyage en Indonésie et je devrais rentrer en France sous peu. Le retour à la réalité risque d’être compliqué : j’appréhende ! Je me dis juste que c’est pour mieux repartir. Je n’ai plus d’ambition professionnelle à court terme en France car j’envisage vraiment d’axer sur l’Asie, l’Australie ou l’Amérique Latine. Dans l’idéal, mon plan est de rester dans le marketing/évènementiel, le consulting et élargir à d’autres industries que celle des courses.

Après cette année australienne, je me mets finalement beaucoup moins de pression qu’avant. Je souhaite dans un premier temps prendre le temps de bien réfléchir à ce que je souhaite faire et où. Pourquoi pas songer à une potentielle réorientation ou élargissement de mes compétences (formation) ? Je suis désormais intimement persuadée que les possibilités en France pour les jeunes restent assez limitées et qu’il faut explorer le monde, prendre des risques et éviter à tout prix de s’encrouter dans un travail à Paris qui ne comporte aucun challenge…

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Un galop sur la piste en sable souvent reservée aux jeunes chevaux – hippodrome de Randwick

Quel serait ton meilleur conseil pour ceux qui veulent partir en Australie ?

Mon meilleur conseil : foncer ! Peu importe ce qu’il arrive il faut surtout éviter de se mettre trop de pression. Professionnellement ne vous attendez pas à devenir responsable évènementiel en un claquement de doigt. Il vous faudra être prêt à repartir au bas de l’échelle avec sourire et motivation.

Sortir sa casquette de personne « sociable » est indispensable pour rencontrer des gens au maximum ? C’est souvent grâce aux personnes croisées que l’on trouve de super jobs.

Mais surtout Enjoy mate ! Tu vas vivre un truc incroyable. Si vous souhaitez rester après deux ans, il s’agit de dégoter un sponsor. Dur mais pas impossible. Good luck dans cette aventure qui ne vous apportera que du positif.

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Les allées sans fin chez Arrowfield Stud de la Hunter Valley

As-tu autre chose à ajouter ?

Profitez de la vie et voyagez ! C’est la meilleure des écoles. 🙂

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Wilsons Promontory National Park (Victoria) et ses habitants… 🙂 (un swamp wallaby)

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