En route pour le Canada avec Kelly !

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Kelly travaille dans un chenil au Canada

Kelly est partie découvrir les grands espaces au Canada. PVT en poche, elle nous raconte son histoire, ses débuts au Canada et ses rêves ! Découvrez la passion de Lily’s road !

Peux-tu nous raconter les débuts de cette aventure ?

Gamine, mon rêve était de découvrir l’Australie en van. Je ne savais à peine lire, et encore moins conduire, mais j’étais pourtant attirée par cette immense île lointaine, son peuple aborigène et les photos que je voyais dans les livres. Je ne peux dire pourquoi, il n’y avait aucune raison apparente puisque ma famille était plutôt casanière, il y avait juste cette envie d’évasion. Je n’avais cependant pas prévu qu’un autre voyage allait repousser ce road trip au pays des kangourous (surtout maintenant que les conditions du WHV australien ont changé)… Le 13 août 2009, je m’envolais vers Montréal, pour un semestre d’études à Polytechnique. Après cinq mois à découvrir le Québec, à voyager presque toutes mes « fins de semaines » dans les villes alentours, je crois bien que je suis tombée amoureuse de ce pays, de ses habitants et de ses paysages. Ici, je pouvais être qui je voulais, sans aucune crainte d’être jugée.

Je suis rentrée en France fin janvier 2010, avec l’envie d’y retourner, pour une période beaucoup plus longue. Tout un tas de questions et de doutes ont alors surgi de je ne sais où. Un tel changement de vie n’était pas anodin… Finalement, je me suis laissée prendre par ma routine parisienne et ai mis le projet en stand-by… Il aura fallu attendre six ans pour que je me décide à franchir le pas !

As-tu obtenu le PVT Canada 2016 facilement ?

Disons que j’ai été chanceuse, puisqu’aujourd’hui, le PVT, c’est comme une loterie. Une fois tirée au sort, je l’ai par contre obtenu très facilement (et rapidement !). Inscrite dès l’ouverture des bassins le 1er décembre 2015, j’ai reçu mon invitation à présenter ma demande de permis de travail le 11 mai 2016. La suite est allée très vite : acceptation de l’invitation le 17 mai ; finalisation de la demande le 27 mai à 14h02 ; réception de ma lettre de correspondance le 27 mai à 21h22 !

tampon pvt canada 2016

Quelles ont été les étapes importantes avant de partir ?

Il y a toute une tonne de paperasse à faire pour s’expatrier, même temporairement, dans un pays étranger. Je suis une personne organisée, alors j’ai listé tout ce à quoi je devais m’atteler, puis, petit à petit, je cochais. Outre les résiliations de contrats divers, les changements d’adresse ou encore le check-up médical, pour moi, il y avait quatre étapes majeures :

  • Trouver une offre bancaire qui ne me prendrait pas trop de frais à l’étranger, dans l’attente d’ouvrir un compte canadien et de gagner mes premiers salaires. J’ai opté pour le compte Nickel : aucun frais pour les paiements à l’étranger, 1 € de frais par retrait quel que soit le montant, et tout ça pour 20 € par an.
  • Trouver, parmi la panoplie de compagnies, l’assurance santé qui correspondrait le mieux à mon projet. Chapka Assurances a remporté la bataille des pour et contre de mon comparatif.
  • Mettre mon appartement en location, organiser mon déménagement chez mes parents et vendre ma voiture.
  • Profiter au maximum de mes proches !

Peux-tu nous expliquer ton projet ?

Connaissant déjà le Québec, je souhaitais découvrir une autre province du Canada, et notamment une où je pourrai me perdre dans l’immensité des espaces et où je pourrai pratiquer mon anglais. Sur ce dernier point, on ne peut pas vraiment dire que je sois en immersion totale puisque je réside chez (et travaille pour) une famille suisso-québécoise.

Je désirais aussi m’immerger dans le milieu du traîneau à chiens, sillonner les pistes où ce mode de transport est né, permettant aux peuples du Grand Nord de se déplacer malgré les conditions météos extrêmes qu’ils subissaient. Et puis, historiquement, j’avais cette envie au fond de moi, de fouler les terres où les ruées vers l’or ont fait rage.

C’est donc tout naturellement que j’ai décidé de poser mes valises au Yukon. Depuis la France, j’ai fait des recherches sur les chenils présents, j’ai sélectionné ceux dans lesquels j’avais envie de travailler puis j’ai envoyé mes candidatures. J’ai été prise dans le numéro 1 de ma liste !

ranch ou travaille lilys road

Je suis actuellement en bénévolat chez Alayuk Adventures, en tant que handler : j’aide Marcelle dans ses tâches quotidiennes au chenil. Ensuite, dès mi-décembre, toujours dans la même structure, je serai employée en tant qu’assistante-guide.

Je vois que tu rêves de grands espaces, d’Ouest canadien : qu’est-ce qui t’a inspiré ?

Cette passion est venue relativement sur le tard, lors de mon séjour à Montréal d’il y a sept ans. C’était le premier Noël que je passais loin de ma famille. Alors, avec des amis, nous avions décidé, pour passer ce cap, de réaliser un rêve de gamins : faire une balade en traîneau à chiens. Pour moi, ce fut une révélation ! Cette activité regroupait tout ce que je cherchais depuis longtemps : une complicité avec les chiens, l’aventure, les grands espaces et une communion avec la nature. Depuis, j’ai pu pratiquer dans le Jura et le Vercors, avant de m’envoler pour le Yukon.

Pour les grands espaces, la passion s’est confirmée en août 2010, soit 6 mois après mon retour de Montréal, quand, avec 4 potes, nous nous sommes lancés de réaliser le GR20 en Corse, sentier de grande randonnée mythique, presque 200 kilomètres et plus de 10 000 mètres de dénivelés positifs ! À partir de ce moment-là, j’ai su que, pour moi, la meilleure façon de voyager, c’était avec mes pieds et mon backpack !

Au niveau littérature, j’ai bien sûr dévoré les bouquins de Jack London, lu certains de Paul-Émile Victor et Sylvain Tesson, et découvert Le Grand Blanc de Gary Paulsen.

Le cinéma, une autre grande passion pour moi, regorge de films inspirants. Il y en a tellement que ce serait vraiment long de tous les citer… Si je ne devais faire qu’une short-list : Into The Wild, Wild, Le dernier loup, Everest, Antartica, prisonniers du froid ; et dans les plus anciens : L’esprit du vent.

As-tu déjà vécu quelque chose d’extraordinaire ?

Ai-je le droit de répondre que tout ce que je vis est extraordinaire ? Ce qui était ordinaire, c’était ma vie de coach sportif en région parisienne avec métro, boulot, dodo. Ici, j’aperçois des familles de grizzlis qui font leurs réserves avant d’aller hiberner, j’observe des aurores boréales un soir sur quatre, je passe du temps auprès de la meute, il neige à partir du 16 octobre et je découvre des chemins de randonnées avec des vues sensationnelles… Alors oui, je crois bien que je peux répondre que ma vie est extraordinaire en ce moment.

A quoi ressemble ton quotidien ?

Les journées défilent au rythme de la meute. Je me réveille peu avant 8h, Marcelle, elle, est déjà levée depuis deux bonnes heures, et ensemble nous nourrissons les cinquante-deux chiens puis procédons au nettoyage du chenil (autrement dit, le ramassage des crottes. Pour beaucoup, cela peut paraître une tâche ingrate, mais il s’agit en réalité d’une étape très importante pour suivre l’état de santé des chiens !). Le temps qu’ils digèrent, nous petit-déjeunons, puis vers 10h, commencent les entraînements. Nous les préparons pour la saison d’hiver qui commence mi-novembre. Attelés à un quad, l’équipe de quatorze chiens s’élance pour 16 kms. Certains vont rester sur cette distance, alors que pour d’autres, nous allons progressivement l’augmenter ; prochain palier, celui des 28 kms.

les chiens du chenil

Faire les trois attelages nous prend toute la matinée et une partie de l’après-midi.

Mes temps libres ? Je les occupe en lisant, en rédigeant les futurs articles de mon blog, et en écrivant à mes proches.

Aux alentours de 18h, on revêtit toutes nos couches de vêtements pour affronter le froid afin de les nourrir à nouveau et de nettoyer une seconde fois le chenil.

Il est 19h passées quand nous rentrons au chaud pour le souper, soigneusement préparé par Gilles, le compagnon de Marcelle.

As-tu des projets de boulot ?

Mon boulot d’assistante-guide m’emmènera en avril, et après, aucun plan précis pour le moment. Deux solutions envisageables : trouver un emploi saisonnier sur Whitehorse, LA ville du Yukon, ou partir en hiking road trip… Mon cœur penche vers la seconde possibilité, à voir l’état des finances en avril !

Peux-tu nous montrer où tu es en répondant à cette interview ?

interview kelly lilys road

Merci à Kelly qui s’est prêtée au jeu de l’interview et qui nous a ouvert les portes de son quotidien !

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2 commentaires

  1. Quelle belle expérience Kelly, je me retrouve tellement là-dedans 🙂 Ça me rappelle tant de choses lorsque j’entraînais des chiens de traîneau en Saskatchewan durant mon PVT Canada 🙂
    Bonne chance pour la suite 😉

    • Merci Jérôme !! J’espère que le retour en Belgique se passe bien pour toi après ton année à Montréal.
      By the way, j’ai adoré ta vidéo de ton passage en Saska 😉

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