Le PVT Russie raconté par Arnaud

0

PVT Russie - programme vacances travail en Russie

À 26 ans, Arnaud Bernier a obtenu un permis vacances travail en Russie ! Cette destination PVT est assez méconnue. En 2016, ils étaient seulement seize Français à tenter l’aventure. La particularité du PVT Russie, c’est qu’il permet de voyager pendant quatre mois maximum. On pourrait croire que c’est peu. Or, c’est toujours mieux que les trente jours autorisés par le visa touristique.

Arnaud est passionné par les langues et les voyages. Pendant ses études en école de commerce, il a fait une initiation au russe, puis a continué d’apprendre la langue tout seul. Avant de partir en PVT Russie, il travaillait dans le domaine du marketing en Allemagne. Aujourd’hui, il a décidé de se réorienter en tant que freelance, notamment dans la rédaction et la traduction. De retour de Russie, il nous parle de ce pays qui le fascine.

Est-ce facile d’obtenir le PVT Russie ?

Pour avoir le PVT Russie, il faut avoir moins de trente ans… et beaucoup de patience ! Il faut passer plusieurs examens médicaux, faire traduire les résultats en russe plus d’autres documents dont un extrait de casier judiciaire. Et il faut réussir à avoir rendez-vous à l’Ambassade pour déposer un dossier. Ça reste encore une option inconnue avec peu d’historique donc il est difficile de savoir comment s’y prendre. Ça représente environ 3 mois de démarches.

cathadrale a Khabarovsk

Khabarovsk

Est-facile de voyager quand on ne parle pas russe et qu’on ne lit pas le cyrillique ?

A Saint-Pétersbourg, on peut survivre sans lire le cyrillique – et encore. Dans le reste du pays, y compris Moscou, c’est quasi impossible. Les gens qui n’ont jamais essayé d’apprendre le russe s’imaginent toujours que l’alphabet est horrible à apprendre alors que pas du tout. Quelques jours suffisent. C’est après que les vrais problèmes commencent. La grammaire du russe, c’est une autre histoire. J’avais un niveau intermédiaire en arrivant. J’ai l’impression de l’avoir amélioré depuis que je suis ici mais c’est difficile d’en juger. Si on ne parle pas au moins un peu russe, on ne peut pas communiquer avec les gens. On passe à côté de la plus belle partie du voyage.

De la Russie, les gens connaissent généralement Moscou et St Pétersbourg. Quelles sont les autres villes enthousiasmantes ?

Saint-Pétersbourg est vraiment une ville incroyable, Moscou est un peu plus déstabilisante pour un Européen. J’ai visité une quinzaine de villes. J’ai beaucoup aimé Souzdal, un village médiéval magnifique avec des cathédrales partout. Iekaterinbourg dans l’Oural a été une très bonne surprise : la ville oscille entre modernité (gratte-ciels en construction) et histoire (le dernier tsar a été tué ici après la révolution, une cathédrale a été construite sur le lieu de la tuerie). Et Vladivostok m’a aussi beaucoup plu. C’est un port tranquille, une pette ville pleine de charmes. J’y ai passé une semaine et j’aimerais vraiment y retourner.

cathedrale a Ekaterinbourg

Ekaterinbourg

Raconte-nous tes plus belles rencontres et anecdotes dans le Transsibérien.

Ma plus belle rencontre, je l’ai faite la première fois que j’ai pris le Transsibérien. Je partais de Moscou pour me rendre à Souzdal justement. J’ai voyagé avec Dima et Katia, deux enfants d’environ six ou sept ans qui ont voulu que je joue avec eux et qui étaient tout sauf timides. Entre Kazan et Iekaterinbourg, des Russes du Caucase n’ont pas arrêté de me poser des questions sur la France et puis, on a joué aux cartes une bonne partie de la soirée.

Une autre fois, en Sibérie, une jeune Russe m’a fait boire de la vodka. C’est fascinant tout ce qu’on apprend sur la vie dans ce train de par la diversité humaine qu’on y rencontre. La plupart des passagers ne mènent pas une existence facile – j’ai voyagé uniquement en troisième classe. Je n’ai jamais vu d’autres touristes avec moi ni rencontré de Russes qui parlent anglais. Aussitôt, ils sont très curieux et ne comprennent pas pourquoi on veut faire ce voyage difficile – encore moins l’hiver. Quand vous pouvez leur répondre en russe que vous adorez leur pays et que vous pouvez un peu argumenter en parlant de la nature, de la cuisine, des villes, de l’histoire ou de la littérature, vous avez le secret pour les faire sourire.

le transsibérien en russie

Un Russe m’a invité chez lui à Angarsk, une petite cité nucléaire perdue en Sibérie. J’ai accepté tout de suite et son hospitalité ainsi que la beauté inattendue de la petite ville m’ont conquis.

Une autre fois, sur le lac Baikal, une Russe m’a offert de la nourriture – ça a souvent été le cas – et une sorte de gâteau. Je croyais que c’était un gâteau mais après l’avoir mangé, j’ai réalisé que c’était un savon en forme de gâteau qu’elle avait fait elle-même. J’ai été malade pendant plusieurs jours. Le Transsibérien a été l’expérience la plus inspirante et enrichissante de toute ma vie.

Après avoir fait 5 000 km, j’ai eu un peu de mal en Sibérie et j’ai eu envie d’abandonner. Finalement, je suis allé jusqu’au terminus, je suis parti deux semaines à Séoul et je me suis rendu compte que la Russie me manquait beaucoup. Quand je suis revenu à Vladivostok, j’ai décidé de refaire le voyage en Transsibérien en sens inverse. Je voulais m’arrêter après 5 000 km et finalement j’en ai fait 20 000.

visiter le lac Baikal

Sur le lac Baïkal

Alors, ils sont comment les Russes ?

Les Russes sont très patriotiques. C’est vraiment un pays à part. Ils ne sont ni Européens, ni Asiatiques. C’est un peu un continent isolé. Je ne sais pas si un autre pays dans le monde est dans la même situation. À Moscou et à Saint-Pétersbourg, j’ai rencontré des Russes très cultivés qui rêvent de l’Europe. Le reste du territoire est d’une diversité aussi énorme que sa superficie. Je suis allé au Tatarstan, où l’islam est la religion dominante. Sur le lac Baïkal, on voit des rites chamaniques et la Bouriatie est la terre du bouddhisme. Dans ces régions reculées, nombreux sont les Russes à n’être jamais allés à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Malgré les différences culturelles et linguistiques aussi (certaines régions ont leur propre langue), tout le monde se sent Russe et aime son pays. C’est un peuple chaleureux.

Qu’est-ce qu’il faut absolument manger en Russie ?

Il y a le fameux bortsch, la soupe. Ensuite, les Russes sont fans de petits pains qu’ils fourrent avec presque tout : pommes de terre, chou, fromage, porc, champignons… ce sont des pirojkis et j’adore. Il y a aussi les pelmenis, des sortes de grosses raviolis russes. La boisson nationale, ce n’est pas la vodka mais le thé. Et il y aussi la compote et le mors, des boissons aux fruits qui étaient très populaires en URSS et qui le sont restées.

Les pirojkis les petits pains russes

Les pirojkis

Cite des choses insolites que font les Russes au quotidien.

Difficile à dire. J’ai été surpris de voir qu’après plus de 70 ans d’athéisme forcé, les Russes étaient si croyants. Toutes les générations continuent de fréquenter les églises. Pas de choses vraiment insolites, si ce n’est que les Russes rendent hommage à leur passé, aussi paradoxal soit-il. On construit une église sur le lieu de l’assassinat du tsar par les bolcheviks et quelques mètres plus loin, la statue de Lénine est toujours là avec KFC, Burger King et McDo’ à côté. C’est un peu surprenant. C’est comme ça dans beaucoup de villes.  Chaque ville a au moins une statue de Lénine et la nostalgie de l’URSS est encore réelle – et en même temps, on adore Poutine.

La chose la plus insolite, ce serait sûrement que tous les jours, des Russes prennent le train pour un, deux jours de voyage voire plus – alors que pour moi c’était un rêve, pour eux c’était juste la vie normale, rien d’excitant – sans distraction. En France, pour deux heures de train, il nous faut de la musique, un livre, un ordi avec ses séries et si on peut avoir internet, c’est encore mieux. On s’ennuie sinon ! Ici, des Russes montent dans le train pour plusieurs jours et n’ont AUCUNE distraction (pas de livre, pas de musique, encore moins d’ordi). Ils dorment, parlent, mangent et regardent le paysage. Je me suis mis à faire comme eux et à apprécier juste le moment, le fait de se sentir vivant. C’est un peu bizarre à expliquer mais je crois que c’est une des plus belles leçons que j’ai reçues dans ce pays.

Quatre mois pour découvrir la Russie, est-ce suffisant ?

Le maximum pour un voyage, c’est un visa touristique de 30 jours. On ne fait pas grand chose en 30 jours en Russie. En 4 mois, on fait un peu plus mais il reste beaucoup à faire. Je voudrais aller sur l’île de Sakhaline et aussi visiter le Kamtchatk. Une autre fois. Après avoir été totalement séduit par la magie de l’hiver, j’aimerais voir le pays en été.

Retrouvez les aventures d’Arnaud en Russie sur son blog…Arnaud en Russie. Logique !

Le PVT Russie raconté par Arnaud
5 (100%) 2 votes
Partager

Laisser une réponse

Captcha * Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.